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mercredi 14 mars 2012

Entrée en Floride


Nous entrons sur Fort Pierce et comptons aller faire nos formalités. Il y a un magnifique arc-en-ciel à notre arrivée sous calme plat. Le front froid est prévu pour ce soir. On avise la marina que nous venons d'arriver des Bahamas et voulons faire nos douanes. On nous dit de continuer sur Cape Canaveral pour y faire nos formalités.Les autorités sont avisés. Parfait!

Nous affichons donc notre pavillon jaune et continuons notre route pour arriver avant le soir. Nous nous arrêtons dans un magnifique petit ancrage à l'embouchure de Banana River. Cocotiers , villas ainsi qu'une belle petite marina ornent le rivage qui est très bien protégé pour la météo prévu pour la nuit.

Au matin, il pleut des cordes et il y a des pointes de vent jusqu'à 30 noeuds. Pas vue de pluie de l'hiver mais là, c'est le déluge..! Le bateau a droit à un bon rinçage, parfait! Nous ne sommes qu'à 15 miles de Cape Canaveral et attendons que ça se calme un peu. Nous levons l'ancre à 11h00, la pluie à cessé mais le vent est toujours présent. Nous naviguons avec un mouchoire, c'est à dire presque pas de génois, si peu qu'on utilise l'expression "naviguer avec un kleenex" et le vent nous pousse au largue à bonne vitesse.

Nous arrivons à l'écluse, nous y entrons et voulons nous accoster sur la cloisons qui est sous le vent pour pouvoir partir plus facilement car il vente encore très fort. L'éclusière nous demande de nous accoster sur l'autre côté. Bon, on exécute mais ça ne sera pas facile de sortir de là avec le vent qui nous plaque contre le rempart. Voilà! L'écluse s'ouvre et nous pouvons sortir. Le vent monte en rafale au moment, nous tentons de faire la manœuvre et celui-ci nous ramasse de plein fouet faisant tourner le bateau sur lui même en sens inverse. Pierre décide donc de faire un 360° dans l'écluse car avec les 30 nœuds de vent qui nous frappe le côté impossible de remonter le nez du bateau vers la sortie avec si peu d'espace. Quel stress!

Il tourne donc sur lui même et avec l'élan réussit à se remettre le nez vers la sortie, quelle idée aussi de nous demander de s'accoster sur le côté où le vent nous accole au mur. facile dans sa petite cabane de dire quoi faire! Il y avait peut-être une raison mais pour l'instant nous n'approuvons pas trop. On sort finalement indemne et allons nous accoster à la marina de Cape Canaveral. On téléphone la douane et faisons nos fromalités par téléphone. Tout est réglé à l'exception que nous devrons nous rendre sur les lieux demain pour renouveler notre permis de navigation.

Une belle soirée relaxe au quai de la marina avec les commodités de la place nous fera le plus grand bien en attendant que le vent baisse.

lundi 12 mars 2012

9 mars, traversée du Gulf Stream


Une petite fenêtre météo entre deux fronts froids s’ouvre pour la traversée du Gulf stream. Les houles importantes de 7 à 11 pieds qui chevauchent cette fenêtre nous font hésiter. L’accalmie entre les deux aura une moyenne de 4 à 8 nœuds de vent du SSE et une houle de 2 à 4 pieds de ENE aux 10 secondes, très longue malgré la composante Nord. Nous avons 36 heures et pourrons nous rendre à Fort Pierce. Après avoir bien analysé avec la météo le matin même, nous décidons de partir.

La mer est encore plus douce que prévu, le calme avant la tempête. Cela me rappel notre première expérience de voile au Lac St-Jean. Une journée parfaite avec un vent parfait qui ont fait de nous les mordus de voile que nous sommes. C’était la veille du fameux déluge.

Nous naviguons les 45 premiers miles nautiques à voile pure au largue avec un vent d’environ 10 nœuds du SE. Les houles sont de 1 à 2 pieds tout au plus avec un soleil radieux,  un vent est frais et sec, journée splendide. Des bancs de poisons volants virevoltent d'un côté à l'autre du bateau.  Après les 45 miles, la nuit, le vent et le peu de houle qu’il y avait sont tombés.  Le calme plat, jamais vue le Gulf Stream aussi tranquille. Les seules choses qui nous rappellent que nous y sommes sont la température de la mer à 83° et le courant qui nous pousse à 7 nœuds avec très faible régime de moteur.

Beaucoup de trafique la nuit, un bateau de croisière passe assez près derrière. Un peu plus tard, un autre me rattrape et passe juste devant nous. Suivant le RIPAM : Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer, en français ou COLREG pour: Collision Regulations, en anglais  "tout navire qui en rattrape un autre doit s'écarter de la route de ce dernier" (règle 13, § a, du RIPAM). Par contre, il a plus d’envergure que nous et a tout pour nous intimider alors j’applique la règle 8, § c, du RIPAM qui dispose que "si cela est nécessaire pour éviter un abordage ou pour laisser plus de temps pour apprécier la situation, un navire doit réduire sa vitesse ou casser son erre"... j’ai réduit la voilure et me suis mise face au courant pour casser l’erre, soit la vitesse résiduelle lorsqu'il n'a plus de propulsion. Le capitaine du bateau m’a vue, il m’a éclairé de son faisceau lumineux en balayant la surface lisse de la mer. Je faisais alors du sur place sur son côté tribord contre le Gulf Stream en gardant une distance sécuritaire et attendant qu’il passe devant puis, il a accélérer pour libérer le  passage.  Preuve qu’il faut être vigilant et avoir en tout temps une vigie.
 
La nuit s’est très bien déroulée, un remorqueur au loin tire une énorme barge à plus de 200 mètres derrière lui.  Plus on approche de la Floride plus il y a du trafique maritime mais ça se fait très bien.


Sauriez-vous reconnaître un navire à ses feux la nuit?

dimanche 11 mars 2012

Journal de bord de Martin


Vague au joli roulis
 roule, roule je t`épie
 le doux ron ron de ton sommeil
 charme mon oreille
 quand tu seras fatiguée tu t`arrêteras
 mais une valse aussi gaie
 ne s`arrête pas
 roule roule vague sur la mer
 roule roule encore.

Merci pour votre accueil à bord et d`avoir partagé ces expériences avec nous, ce fut très agréable et très apprécié. Now I know one thing “I`M THE REAL MAN BUT WHITE THE LITTLE PILLS (Citation : Vernon à propos des stugeron)

Bon retour vers chez vous et où que vous soyez, quoi que fous fassiez, profitez au maximum Bye Bye de toute la famille.

Martin

Entrée à Port Lucaya, Freeport, 2 mars

Durant la nuit, j’aperçois un feu blanc qui ressemble à un feu de mouillage, cette lumière blanche qui brille comme une étoile au bout du mât qu'on allume pour être vue lorsque l'on est à l'ancre. Par contre, aucun feu de navigation alors que nous sommes dans plus de 3000 pieds de profondeur, ça ne peut donc pas être un bateau à l’ancre! Je distingue de la lumière à la base de ce mât illuminé. Pierre se lève et vient voir ce qu’il en est.

Ça ressemble une à une petite plateforme avec un feu blanc en hauteur. Bon nous décidons de changer notre cap pour s’éloigner cet obstacle incertain. Tout à coup, des feux de navigations s’allument et nous constatons que c’est un gros Catamaran. Il vient de se réveiller au quoi? Pas de feu de navigation en pleine mer! En plus, il change de cap et fonce droit sur nous, heureusement que nous ne dormons pas, on fait un autre virement de bord et changeons notre cap une deuxième fois pour éviter l’impact. Le cata passe finalement sur tribord d’assez près. Bon tout est Ok maintenant, cela nous aidera à rester éveillés pour le reste du trajet quoi que nous nous passerions bien de ce genre de stimulant. Le reste de la nuit se déroule sans autre incident.

Pierre a pris son quart à 4h30 du matin et entre maintenant sur Port Lucaya, 8h30. Il me réveille avec un bon café pour que je puisse admirer l’escorte de dauphins qui nous accueille. Il fait un soleil radieux et le vent est resté stable durant toute notre navigation.

mercredi 7 mars 2012

Navigation de nuit, 2 mars

 Nous levons l’ancre très tôt ce matin pour nous diriger vers Grand Bahamas. Le vent n’est pas très présent, à peine 8 nœuds au maximum. Par contre il est du Sud-est ainsi que la houle de 2 pieds, ce qui nous pousse vers notre destination. Nous voulions arrêter à Great Harbour mais la navigation va si bien que nous décidons de rentrer directement sur Port Lucaya et de naviguer toute la nuit.

Le soleil descend doucement à l’horizon et la nuit s’annonce douce. Jeremy offre de faire le premier quart. Nous naviguons au largue, la vent souffle un peu plus durant la nuit ce qui stabilise le bateau. 
Il est 2h00 du matin. Je viens de prendre mon quart après celui de Jeremy. J’ai bien dormi et je constate qu’il fait chaud et la nuit est belle, j’en profite pour écrire quelques courriels à mes amis.

La mer est calme, la brise légère et il y a une belle demi-lune qui est sur le point de se coucher. Aussi beau qu'un coucher de soleil! Elle est couleur d'ambre et les deux seuls nuages du ciel s'étirent finement et viennent la caresser avant qu'elle ne disparaisse à l'horizon.

J'ai croisé quelques bateaux de croisière, il y en a un derrière nous au loin. Je suis comme seule au monde au milieu de nul part et mes hommes dorment. Cette année nous n'avons pas navigué de nuit et je constate que ça me manquait. Attend! Je dois aller mettre le nez dehors pour voir s'il n'y aurait pas un autre navire qui apparaît au loin et serait sur ma route...

Bon, voilà! Rien à signaler sauf le bateau de croisière qui est toujours derrière, comme j'aperçois son feu de navigation tribord, je sais qu'il se dirige vers la Floride, il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter. Je viens de voir par la même occasion que la lune est couchée. Il semble que je sois la seule encore debout, du moins dans les environs. 
Nous sommes à 35 miles nautiques de Freeport et y serons demain matin. Il y a un front froid qui arrivera dimanche alors nous resterons là quelques jours et en profiterons pour visiter l’île.

Bon! J’ai terminé d’écrire pour cette nuit, je retourne dehors admirer les étoiles. Maintenant que la lune a disparu pour faire place à l’obscurité la plus totale, on les distingue aussi bien que des diamants sur un écrin de velours s’étendant au firmament. Le vent chaud sur mon cou et la mélodie du son des légers roulis agrémentent cette douce nuit. Des dinoflagellés, ces minuscules organismes aquatiques à bioluminescence qui scintillent lorsqu’on les dérange, s’illuminent tout autour du bateau d’une lumière bleu-vert sous la force de l’étrave qui fend les flots en agitant la surface de cette mer noire. C'est magnifique! Même lorsque je rêvais déjà étant enfant, de devenir capitaine et de naviguer la mer, jamais je n’aurais imaginé un tel spectacle! La vie en mer, et surtout la navigation de nuit, surpassent ce que j’imaginais dans mon cœur d’enfant.

Current Cut, Eleuthera

Belle journée de navigation, nous arrêtons après avoir passé le « Current Cut » entre Eleuthera et Current Island, beaucoup de courant mais comme il était dans la même direction que nous, tout s’est bien passé. L’eau est toujours aussi belle et limpide que dans les Exhumas mais avec touche plus bleutée. 

Il y a une petite villa juste devant notre ancrage. Elle est de forme ronde en pierre des champs, entourée d’une véranda avec petit pont à l’avant qui mène à une terrasse sur la plage avec hutte et hamac qui ajoute au confort. Elle est magnifiquement située avec plage de sable blanc et rocaille naturelle. La plage s’étire et descend en pente douce dans la mer aussi limpide que du Crystal. Il est rare que je troquerais quelques jours dans une villa en bordure de mer contre le plaisir que j’ai d’être sur celle-ci dans mon bateau. Mais cette villa avec vue sur le large côté du soleil couchant est superbe. J’y resterais bien quelques jours, un beau coin de paradis.

Nous en profitons pour une petite balade de fin de journée après la navigation. Les moustiques me rappellent ce que j’aime moins d’être sur la terre ferme. Sur un bateau lorsque l’on se tient à bonne distance du rivage, le vent les chasse et nous n’avons pas ces bestioles indésirables qui viennent vous déguster à la même heure que vous dégustez votre apéro! Nous croisons une locale au moment où nous admirons une plante spectaculaire de par sa dimension. La femme nous explique que cette énorme tige à terminaison florale est en fait la fleur de cette plante semblable à un aloès. Comme toute les plantes vivaces, la fleur meurt après la floraison et ne refleurira que dans 3 ans. La tige ressemble à celle d’une asperge géante portant des touffes de couleur jaune serin à l’extrémité. Je me sens très petite à côté de cette fleur qui a la taille d’un arbre.



Le petit village avec des chats présents partout et ses petites maisons construites, on aurait dit, pour des gens de plus petites tailles. Le parfum de la mer et le son du vent présent ce jour là me rappel vaguement la Grèce. Naxos pour être exacte, une île magnifique dans les Cyclades. Un jeune de la place passe devant nous en courant et alertant ces amis. Il avait un grand serpent enroulé autour de son poing, les autres jeunes incluant Jeremy s’approche pour voir ce reptile impressionnant, du moins pour nous! Je lui demande : « Il n’y a pas de danger qu’il te morde? » Il répond « Pas pour le moment! » et les jeunes se mettent à rire. Leurs occupations font changement des jeux vidéo en tout cas!
 
Des pêcheurs sont sur le quai et arrangent des « gray snapper » le Bahamien qui écaille les poissons a plus d’écailles sur lui que sur les poissons réunis sur le quai. Les gens sont souriants, gentils et courtois. Charmant petit village typique avec végétations luxuriante. Une petite épicerie dépanneur est là mais rien de très élaboré. Un bureau de poste et une petite librairie. Petite escale reposante et très jolie qui se termine sur un autre fabuleux coucher de soleil.
 

jeudi 1 mars 2012

Governor Harbor, Eleuthera

Nous nous sommes couchés sur une mer d’huile, pas le moindre frisson sur la surface, un vrai miroir. Le calme avant la tempête à ce qu’on raconte.

Au matin, le vent s’est levé, nous quittons Rock Sound avec des pointes de l'Est de 18 à 25 nœuds. Belle navigation au portant à voile pure. Quoi de mieux qu'une navigation sans bruit de moteur. Sublime!
Nous entrons à Governor Harbor, baie très protégée encore un fois. Belle plage et l'ancrage est bon à condition de s'approcher suffisamment du fond de sable.


Petit village charmant avec bureau postal et bibliothèque. Il y a une petite boulangerie sur la 4e rue à droite en longeant la principale. Le pain et les "patties" sont délicieux. Nous allons prendre une marche sur la pointe de Cupid Cay. Un petit bled pas bien riche mais magnifiquement situé. Les maisons sont flanquées au bord des falaises volcaniques avec vue sur le couché du soleil. C'est splendide! Une vielle dame assise sur le perron de sa petite maisons jaune nous salue d'un grand signe de la main avec un large sourire. Un peu plus loin je décide de m'avancer et une troupe de chiens nous accueille en jappant joyeusement. Une native arrive pour les calmer et nous fait signe de venir admirer le coucher du soleil de chez elle. Quel vue spectaculaire!
Sur le chemin du retour, nous croisons deux jeunes hommes de la place, un a les cheveux mi-longs et l'autre a le style de Bob Marley. Ils nous demandent si nous avons passé une belle journée. On répond « oui! Magnifique! » et comme on constate qu'ils sont en train de "fumer" on ne sait pas quoi mais… on ajoute avec un sourire que leur journée à l'air de bien aller aussi. De belles grosses dents blanches apparaissent sous leur large sourire amical. L'un d'eux rétorque: "Ya man, on relaxe. Tsé, si té pas capable de relaxer, c'est parce que té pas au Bahamas! Ha ha ha!" Hey! Si vous aimez jouer au Domino, que vous aimez la musique et danser. Il y un beau petit bar juste à côté, vous devriez venir. On relaxe! » Là c’est nous qui riait mais ils étaient bien sincères et accueillants. Ils ont tout un accent ces gens des Bahamas. Un peuple attachant et intègre.

Nous devons admettre que c'est vrai, il n'y a pas d'endroit plus lent et plus relaxe que les Bahamas.

Le lendemain nous allons du côté de l'Atlantique voir la fameuse plage de sable rose. Bien que ce soit indiqué sur les cartes, je me demande si c'est vraiment rose. Il y a un petit resto en bordure de la plage le "Beach House". Ils prêtent des planches de surf et la nourriture y est exquise. Le meilleur restaurant rencontré dans les Bahamas à ce jour, mis à part le restaurant sushi de Nassau qui l'égal. Pour l'horaire, l'affiche disait: "ouvert quand nous arrivons et fermé quand nous quittons". Ça reste les Bahamas quand même! 

Après nous être régalé, nous allons marcher sur sable. INCROYABLE! Premièrement il est vraiment rose. Le côté donnant sur l’Atlantique est bordé d’une barrière de corail, le sable est fait de fins grains de corail et de coquillage ce qui lui donne sa couleur rose. Il est si fin qu'on croirait marcher dans de la farine. Le plus beau sable que je n'ai jamais vu. 

Nous garderons un souvenir mémorable d'Eleuthera.

Eau : fontaine en face du bureau de poste.
Banque : CIBC et Royal Bank sur la principale.
Épicerie : Market à côté de la station d’essence pas fameuse. Un peu plus loin sur la principale, épicerie Burrows, on y trouve de tout et plus de produits frais.